Adraylia

qui est Adraylia d'Adwyr ? peut-être le découvrirez-vous ici petit à petit... en même temps que moi...

16 septembre 2007

01 - Disparu...

Disparu…

Depuis une éternité, des siècles, une vie entière, depuis trois mois, douze jours, quatre heures et dix-huit minutes, il avait disparu, pas mort non, mais disparu.

Cette disparition, la jeune femme l'avait niée envers et contre tout, refusant l'évidence, s'épuisant des journées entières à tenter de le contacter par ce lien qui les unissait depuis leur première rencontre, cette capacité qu'ils avaient eue dès les premières heures et qui avait grandi peu à peu, de ressentir l'autre, sa présence, ses pensées, qui leur avait permis dans des situations extrêmes de voler au secours l'un de l'autre. Mais là, rien, le néant total. Et pourtant il n'était pas mort, s'il subsistait bien une seule certitude, c'était celle-là.

Une seule certitude pour tant de doutes, d'interrogations, de… peurs. Depuis quand n'avait-elle ressenti ce sentiment ? Jamais, elle était prête à le jurer, il n'avait été aussi intense : Adraylia était terrifiée.


Triste également bien sûr - est-il nécessaire de le préciser ? - …non… effondrée, dévastée… une blessure à vif en son sein qui jamais ne cesserait de saigner.

Certaine sagesse populaire prétend que le temps guérit de tout.

Eh bien dans ce cas elle a tort, tu le sais aussi bien que moi, Arlong… toi qui as vécu plus que nul ne peut même l'imaginer… et pourtant il faut vivre, continuer… le faut-il vraiment ?



Après une première période où elle ne quittait plus son royaume, dans l'attente d'un improbable message sous quelque forme que ce soit, errant comme une âme en peine qu'elle était, elle s'était ensuite au contraire lancée corps et âme dans les activités guerrières. Au sein de la mêlée, se battant au corps à corps, jouant de l'épée et de la dague, ne rentrant au domaine que pour mieux repartir à l'entraînement.

Il te faut te reposer, même si ton hérédité fait que tu peux t'en passer, ton corps peut en avoir besoin en ce moment, petite fille.

Laisse-moi, Arlong, toi qui connais tout de moi, qui vois mes pensées en même temps qu'elles me parviennent, dis-moi comment je pourrais trouver un quelconque repos en dehors de la mort.


Bien sûr, le dragon savait que le sommeil non seulement la fuyait, mais était accompagné dès qu'il daignait enfin arriver par son lot de cauchemars. Cauchemars emplis des visions des horreurs ayant peuplé son enfance, ceux-là même qui avaient cessé de la tourmenter lorsque son regard avait plongé dans le sien et qu'ils s'étaient retrouvés liés… "à jamais"… mais il avait fallu que "jamais" arrive, si tôt… après si peu d'années partagées…

Pire encore, ses songes lui apportaient une autre vague de visions d'actes qui, s'ils étaient bien moins monstrueux que ceux de son enfance, lui causaient un mal bien plus profond… elle les voyait en effet commis par l'être qu'elle aimait : tueries, barbarisme, viols… oh sans aucune commune mesure avec les tortures qu'elle avait subies ou dont elle avait été témoin dans sa prime enfance… mais avec un arrière-goût autrement plus amer, ne laissant aucun répit à son esprit au réveil : et si c'était vrai ? s'il ne s'agissait pas de rêves ?

Doutes et questions s'ajoutant à ceux déjà nombreux qui l'assaillaient, qui l'auraient de toute façon assaillie au vu de sa double-hérédité dans l'état où elle se trouvait… qu'il aurait pu écarter d'un geste, faire s'envoler d'un regard, partager et alléger d'un sourire…

… s'il s'était trouvé là…

Posté par adraylia à 15:24 - 13 - Désespoir, nouvel espoir... - Commentaires [0] - Permalien [#]

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